L'Argument

Un étrange bunker, d'ombre et de lumière.
Seules quelques images télévisées, fenêtres sur l'extérieur, transpercent cet espace clos, insulaire.
Images fossiles comme le son originel que décode la neige de nos télévisions ou rêves prémonitoires ?
Quelques personnages en ce lieu partagent leurs affects, confrontent leurs langages, butent sur leurs certitudes.Survivants d'un monde à l'agonie où êtres échappés de la matrice ?
Qu'est ce que survivre ? Prisonnier de sa propre histoire, dans le bunker ?
Entre recherche identitaire et quête d'ouverture, une expérience limite à la frontière de l'individuel, du communautaire et de l'universel.
Le concept du bunker, du huit clos s'adapte au lieu de résidence. Abri anti-atomique, simple forteresse, hôpital psychiatrique : le bunker est un concept, celui de l'enfermement, de l'isolement, de la folie, de la fuite, des pulsions de vie et de mort, de la quête de liberté et d'amour…
Le concept du SOS est un appel à l'aide, à la prise de conscience, à l'action.

L'écriture chorégraphique

L'écriture chorégraphique s'articule autour des personnalités artistiques et de leurs identités gestuelles.
Chaque artiste explore sa propre histoire qu'il se fabrique et qui est mise en exergue par le concept du huit clos.
Une femme entretenant un rapport névrotique avec un vieux juke box qui la fait danser, rêver, pleurer et jouant sur la frontière entre personne et personnage, en quête d'une humanité et féminité perdue…

Un homme et son vieux lit de camp, tout un monde entre lui et cet objet vestige, tel un SDF et sa tente made in Médecins du Monde, ultime lieu d'un peu de chaleur…
Un homme machine au milieu d'ordinateurs et de 10 moniteurs télé qui diffusent une séquence vidéo traitant des thèmes cités. Comme un coup de canif alors que les protagonistes en tenue d'ouvriers découpent de grandes lettres en papier journal pour coller AU SECOURS sur le mur du bunker…
Un poète urbain qui chuchote sans cesse dans un interphone son spleen de prisonnier et le désir du dehors, de l'ailleurs…
Un étrange personnage mi homme mi automate aux gestes industrialisés, à la frontière entre la machine et le vivant
Du solo à la confrontation, des danses douces et sauvages, des paroles percutantes, des lumières étranges, des pannes d'électricité, des jeux d'enfants cruels, des scènes de films cultes…

Et soudain, le public est pris en otage, le bunker se dilate dans l'espace. Ses murs ne sont pas toujours où l'on croit.